Tentatives de lumière

15 mai 2013

Et la fontaine autour

     

 

               Dos au mur

               Cette juste patience de chaleur

               Là où le cou

               Parle à la lumière.

                         

                         Et

                    

                    Tes paroles

                    Comme un geste de ciel,

                    Traversant les cils dressés de la terre.

 

             Parle moi encore

             De l'océan

             Qu'il glisse en ta voix

             Jusqu'à la veine bleue de l'arbre.

               - cet arbre dans la mer

                  et la fontaine autour -

 

            Je prendrai ton murmure

            Là où commence le vent

            Là où tu enjambes les barrières

            Une, puis deux, puis trois

            Sans interrompre la danse du lierre

         

                    Celui qui guide sauvage,

                    Le coeur vers l'écume

                    Blanchissant l'horizon.

 

                       Dis moi juste la nuit

                                  Les oiseaux qui y nichent

                       Dis moi si le silence

                       Chante aussi sous ta peau

                       Là où campanules

                       Pigmentent et tatouent le temps.

 

                      Et lorsque tes pas profonds 

                      Jusqu'au bois de l'âme

                      Seront cet effleurement

                      Tournoyant à la bouche 

                      D'une lune entêtée,

                      Je t'ouvrirai

                      En silence, le secret des mains.

 

Nathalie mai 2013

                    

 

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08 mai 2013

comme un sceau d'or posé sur la boue

L'étrange comportement du temps, ce reflux de lumière alors que des pépites oranges s'étaient amoncellées aux issues des sapins. 

En ses mains, cette clé de lumière. Nous dessous, lui ailleurs.
Sa bouche si ouverte même dans l'eau .

Comme une machine à silence, l'ouvrier penché sur l'encre, la table éparpillée.

 

Les ravins,  la nuit tombée sur eux, et cette haleine de sous leurs fourrures invisibles . Le bon goût de la phrase qui cherche l'échappatoire , les essaims bourdonnants qui grignotent la poitrine, et dans le four,ce qui attire les pupilles, la vendange bientôt lucide.

Nous saurons comme le vin a soif de nos langues, comme le pain a faim de nos fronts. Les mains hissées au delà des marques passées, lierres incontrôlables entourant nos peaux. Et les pieds, lourds ou légers, selon la cuisson de la nuit, alerteront les danses nuageuses.

 

Ce temps qui s'emporte, déversant ses jarres dans un roulement de poignets africains . Et pourtant, l'eau porte la molécule de l'innocence.

Cette immensité de pluies, 

Ce miracle dévorant l'encre invisible

Et les fougères luisantes , comme un sceau d'or posé sur la boue.

 

Marcher 

Les pieds écoutants

Et les poumons célèbrant

La robe rouge d'argile

Et les lèvres en union.

 

Nathalie 8 mai 2013

 

 

 

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03 mai 2013

Prends cette racine écartée.

Bois là où l'eau semble minuscule, la mer finira par monter.

Ces arbres qui se tordent ouvrent béantes leurs lèvres au violet, leurs fronts s'irriguant si fortement au chahut des nuits. 

Tous ces vents qui sautent à pieds joints dans les veines te tendent leur écharpe . Rouge oui, huile pigmentée tatouant tes poignets. Les portes claquent. Les sols des manoirs, jonchés d'incessants tourbillons, heurtent les miroirs . Caressant de langues fourchues ce qui brille dans la boîte de cristal , leurs doigts s'en approchent . Dictant la forêt profonde et ses soubresauts , pressant sa poitrine entre des mâchoires enferrées.

Au loin,darde l'étoile bleuie de tant d'efforts.

Les mots dans leurs gangues ahanent sur les chemins de cailloux.

Il me reste un tiroir . Et des retrouvailles avec les coquillages bavards de mer.
Du sable à relever et faire taire le sablier.

Une eau à enfanter, à pousser au moulin .

Un élan de blancheur gigote sous le drap, 

De si douloureuses mains  à lécher pour leur redonner vie

Laissent une empreinte aux tempes des murs.

 

Ils sont blancs là bas

Tu y accrocheras tes masques

Et la cicatrice de tes mots.

 

Nathalie BARDOU 3 mai 2013

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Et puis, tous ses cheveux épars sous les pôles...c'est aller loin dans la roche de sel avec des pas lourds. Ne crains rien, ta pluie salée peut m'inonder, je sais boire avec des lèvres gercées.

Il y a ce bruit tonitruant dans mes couloirs vifs .

J'ai palpé ta robe, sorti des boîtes ces si petits chaussons des premiers pleurs. Je te porte enfant de tant d'années encore là où le limon est fertile.

Je n'autorise pas le bruit à venir fouiller les fagots, la lumière ne s'effrite pas sous mes bras. Allongée sous les ailes des corbeaux, elle se tient serrée et accepte ses ficelles. Elle rêve , elle chuchote et chante les mélopées des vieilles conteuses aux yeux ridés.

La falaise est si haute.

Il n'y a qu'un seul de mes yeux qui perd pied et qui saute à couteaux tirés. 

 Hurlant , et le cri rejoint l'eau, la vague démantibulée, l'océan aux jambes folles, le trou de la fournaise, ce qui brûle et vous arrache la grimace grotesque de la peur à son zénith.

Chauffés à blanc, ma cheville, mon front, les sourcils. Même mon papillon me regarde, hagard, désorienté , tente l'autre oeil et s'engouffre dans la brèche du mur jaune.

Jaune, le tournesol de ma paupière. 

Jaune étiré , palpé par les doigts des mots. Désossé et blanchi .

Je veux défaire la couture de mes mains.

Elles se sauvent devant l'odeur cloîtrée.

Trouver

Mais où sont ma fourche et mon rateau ?

une terre dans laquelle m'enfouir, la détresse dans une caresse, l'allégresse dans le lisier.

Et l'autre de mes yeux, poursuivant les nuages avec son filet,

Enfant sauvage et indompté...court, court, court.

Le cou tout entouré de lune.

 

Nathalie BARDOU 3 mai 2013

 

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02 mai 2013

C'est aussi ça, respirer au milieu de trois épis de vent. Pliée, on est toute pliée et même plus un miroir ne peut sauver la face du ciel. Pliée comme le ciel qui tourne les yeux, et n'a pas envie. Le rouge du coquelicot, mais les feuilles qui fânent si la tige est coupée. même pas l'eau. 

C'est un petit chaos orageux de l'intime. Cette implosion sous les vertèbres qui fait que debout on est couché. La langue de la lumière recourbée, chrysalide verte et recouverte d'orages. 

Les escaliers, je les entends se démonter, perdre leurs marches et s'effondrer , puisqu'ils étaient de sable rouge. La terre rouge, c'est beau la terre rouge, rugueux entre les ongles, accueillante et crevassée.

Etre au pays du minuscule, alors que tant de bouches ouvertes poussent des hurlements entre les clés du puits.Laissez mes oreilles hors du champ. 

 

Je n'entends que trop .

Je tire à moi les éclats blancs et douloureux du silence, celui qui sillonne les orchestres abandonnés des nuits.
Peur.

 

Je n'aime ni les serpents,ni les dragons chinois et leurs langues persifflantes. Ni ce qui ondule , ce qui rampe et épie.

Emmenez moi là où s'ébrouent les fanfares en plein été, que les trompettes chaudes chaloupent l'âme coincée. 

Que les musiciens transpirent d'ébriété

Et un
Labyrinthe qui s'élève entre sombre et or. 

 Prairie culbutée par la mer.


Oui, 

C'est celà 

Que l'océan prenne la peine de sa colère.
Ainsi va t'il m'arracher avec ses dents d'écumes 

Et m'entourer de sel , me jeter contre les falaises roses

Me fracasser les membres de la pensée

Me tournoyer ,

Je ne résisterai pas

Et deviendrai chiffon

Poupée de tissus

Qui dira au nounours dans la malle

Sous l'eau.


Ne fais pas de bruit

Ce serait bien que ça m'oublie.


Chut.

 

Nathalie 2 mai 2013

 

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28 avril 2013

Je ne m'empare de rien

Je ne m'empare de rien

 

               Je laisse ton visage

               Tes mains silencieuses

               Manger à ma table.

               

Je laisse ce qui a fait courber le ciel

Rejoindre la terre

L'humus,

Les feuilles si désolées

Qu'elles en sont mortes.

 

Tes mots ont tellement germé

Entre les épaules des arbres

 

Tellement mordu

La rouille et le gel

        J'ai cru mes bras se dévisser.

 

Je plie 

Et replie les assauts

De la pensée.

 

Même si ton empreinte,

Même si l'air encore lézardé

De ta voix lointaine,

Même si un pied

Encore prisonnier du feu.

 

Je veux voler.

 

Nathalie BARDOU 28 avril 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 avril 2013

J'ai le souvenir enturbanné

J'ai le souvenir enturbanné.


Qui peut

D'autre que Toi ?

 

A l'instant de la cisaille

De la nuit

Quand le rose naissant

Semble monter les marches

Je plonge

A poumons raccourcis

Dans la brume vacillante

D'un regard.

 

Trois brindilles au bout de la langue,

Je nous construis des dimanches à tête levée.

Qu'importe ce qu'en dit le soleil

L'essentiel est  .

 

Nathalie BARDOU 27 mars 2013

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La majuscule du Il

Tes syllabes

Encore

        Le long de la mémoire

C'était juillet

Et ses phrases dispersées

A l'ombre du figuier.

 

Le cri muet

Dans la maison de papier

Recroquevillée

Sous la chaleur

D'un été.

 

 

         J'ai bougé les yeux

         Pour mieux te voir

         Près de la porte

         Loin de l'absence

                Robe de fer

                Et chevilles griffées.

 

Je dors encore

Sur les draps blancs

La majuscule du Il

Plantée dans les paupières.

 

      L'ombre d'une main

      Flottant 

      Au dessus des saisons

      Et l'eau devant.

 

S'y désaltèreront

Les oiseaux

Qui décorent mes jours.

 

Nathalie BARDOU 27 avril 2013

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19 février 2013

S'éveille l'absence

Dans un sursaut

S'éveille l'absence.

 

      Dans un pli de ciel,

      A l'abri des regards.

 

      Pourtant tu sais, 

      Rien n'y est définitif. 

 

      Les saisons veillent

      Sur le dernier soupir,

      Celui qui habille ta fenêtre.

 

      Nath février 2013

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05 février 2013

Perdre la mémoire du superflu

Vos bras

Ont vécu leur juste moment.
   

      Celui du vent

      Tissant l'ambre.

 

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               Il était ce ciel

               D'un dimanche

               Nommé ainsi.

               Celui sur lequel

               La lumière s'est dégourdie les jambes.

 

  

                                                         ......................................................................

 

 

Trois minutes de paroles

Avec un jardinier .

Peut être sans le savoir

M'apportait-il le soleil

Dans vingt grammes de semences.

 

                      

                                                         ...............................................................................

 

 

                          CHAQUE JOUR S'ALLEGE

                          Je perds la mémoire du superflu.

 

 

                                                        ..................................................................................

 

 

Je porte en moi

Autant de lits de rires

Que de lits de chagrins.

L'instant est net

Lorsque cogne aux fenêtres des chambres

Cette lumière enfantine

Qui engaillardit

Sans choisir

Les lits noirs

Comme les lits blancs.

 

 

                                                            .............................................................................

 

 

                          Il suffit d'une seconde d'équilibre

                          Pour toucher du bout de l'âme

                          La paupière de la source vive.

 

 

 

Nathalie 4 février 2013

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