Et la fontaine autour
Dos au mur
Cette juste patience de chaleur
Là où le cou
Parle à la lumière.
Et
Tes paroles
Comme un geste de ciel,
Traversant les cils dressés de la terre.
Parle moi encore
De l'océan
Qu'il glisse en ta voix
Jusqu'à la veine bleue de l'arbre.
- cet arbre dans la mer
et la fontaine autour -
Je prendrai ton murmure
Là où commence le vent
Là où tu enjambes les barrières
Une, puis deux, puis trois
Sans interrompre la danse du lierre
Celui qui guide sauvage,
Le coeur vers l'écume
Blanchissant l'horizon.
Dis moi juste la nuit
Les oiseaux qui y nichent
Dis moi si le silence
Chante aussi sous ta peau
Là où campanules
Pigmentent et tatouent le temps.
Et lorsque tes pas profonds
Jusqu'au bois de l'âme
Seront cet effleurement
Tournoyant à la bouche
D'une lune entêtée,
Je t'ouvrirai
En silence, le secret des mains.
Nathalie mai 2013
comme un sceau d'or posé sur la boue
L'étrange comportement du temps, ce reflux de lumière alors que des pépites oranges s'étaient amoncellées aux issues des sapins.
En ses mains, cette clé de lumière. Nous dessous, lui ailleurs.
Sa bouche si ouverte même dans l'eau .
Comme une machine à silence, l'ouvrier penché sur l'encre, la table éparpillée.
Les ravins, la nuit tombée sur eux, et cette haleine de sous leurs fourrures invisibles . Le bon goût de la phrase qui cherche l'échappatoire , les essaims bourdonnants qui grignotent la poitrine, et dans le four,ce qui attire les pupilles, la vendange bientôt lucide.
Nous saurons comme le vin a soif de nos langues, comme le pain a faim de nos fronts. Les mains hissées au delà des marques passées, lierres incontrôlables entourant nos peaux. Et les pieds, lourds ou légers, selon la cuisson de la nuit, alerteront les danses nuageuses.
Ce temps qui s'emporte, déversant ses jarres dans un roulement de poignets africains . Et pourtant, l'eau porte la molécule de l'innocence.
Cette immensité de pluies,
Ce miracle dévorant l'encre invisible
Et les fougères luisantes , comme un sceau d'or posé sur la boue.
Marcher
Les pieds écoutants
Et les poumons célèbrant
La robe rouge d'argile
Et les lèvres en union.
Nathalie 8 mai 2013
Prends cette racine écartée.
Bois là où l'eau semble minuscule, la mer finira par monter.
Ces arbres qui se tordent ouvrent béantes leurs lèvres au violet, leurs fronts s'irriguant si fortement au chahut des nuits.
Tous ces vents qui sautent à pieds joints dans les veines te tendent leur écharpe . Rouge oui, huile pigmentée tatouant tes poignets. Les portes claquent. Les sols des manoirs, jonchés d'incessants tourbillons, heurtent les miroirs . Caressant de langues fourchues ce qui brille dans la boîte de cristal , leurs doigts s'en approchent . Dictant la forêt profonde et ses soubresauts , pressant sa poitrine entre des mâchoires enferrées.
Au loin,darde l'étoile bleuie de tant d'efforts.
Les mots dans leurs gangues ahanent sur les chemins de cailloux.
Il me reste un tiroir . Et des retrouvailles avec les coquillages bavards de mer.
Du sable à relever et faire taire le sablier.
Une eau à enfanter, à pousser au moulin .
Un élan de blancheur gigote sous le drap,
De si douloureuses mains à lécher pour leur redonner vie
Laissent une empreinte aux tempes des murs.
Ils sont blancs là bas
Tu y accrocheras tes masques
Et la cicatrice de tes mots.
Nathalie BARDOU 3 mai 2013
Et puis, tous ses cheveux épars sous les pôles...c'est aller loin dans la roche de sel avec des pas lourds. Ne crains rien, ta pluie salée peut m'inonder, je sais boire avec des lèvres gercées.
Il y a ce bruit tonitruant dans mes couloirs vifs .
J'ai palpé ta robe, sorti des boîtes ces si petits chaussons des premiers pleurs. Je te porte enfant de tant d'années encore là où le limon est fertile.
Je n'autorise pas le bruit à venir fouiller les fagots, la lumière ne s'effrite pas sous mes bras. Allongée sous les ailes des corbeaux, elle se tient serrée et accepte ses ficelles. Elle rêve , elle chuchote et chante les mélopées des vieilles conteuses aux yeux ridés.
La falaise est si haute.
Il n'y a qu'un seul de mes yeux qui perd pied et qui saute à couteaux tirés.
Hurlant , et le cri rejoint l'eau, la vague démantibulée, l'océan aux jambes folles, le trou de la fournaise, ce qui brûle et vous arrache la grimace grotesque de la peur à son zénith.
Chauffés à blanc, ma cheville, mon front, les sourcils. Même mon papillon me regarde, hagard, désorienté , tente l'autre oeil et s'engouffre dans la brèche du mur jaune.
Jaune, le tournesol de ma paupière.
Jaune étiré , palpé par les doigts des mots. Désossé et blanchi .
Je veux défaire la couture de mes mains.
Elles se sauvent devant l'odeur cloîtrée.
Trouver
Mais où sont ma fourche et mon rateau ?
une terre dans laquelle m'enfouir, la détresse dans une caresse, l'allégresse dans le lisier.
Et l'autre de mes yeux, poursuivant les nuages avec son filet,
Enfant sauvage et indompté...court, court, court.
Le cou tout entouré de lune.
Nathalie BARDOU 3 mai 2013
C'est aussi ça, respirer au milieu de trois épis de vent. Pliée, on est toute pliée et même plus un miroir ne peut sauver la face du ciel. Pliée comme le ciel qui tourne les yeux, et n'a pas envie. Le rouge du coquelicot, mais les feuilles qui fânent si la tige est coupée. même pas l'eau.
C'est un petit chaos orageux de l'intime. Cette implosion sous les vertèbres qui fait que debout on est couché. La langue de la lumière recourbée, chrysalide verte et recouverte d'orages.
Les escaliers, je les entends se démonter, perdre leurs marches et s'effondrer , puisqu'ils étaient de sable rouge. La terre rouge, c'est beau la terre rouge, rugueux entre les ongles, accueillante et crevassée.
Etre au pays du minuscule, alors que tant de bouches ouvertes poussent des hurlements entre les clés du puits.Laissez mes oreilles hors du champ.
Je n'entends que trop .
Je tire à moi les éclats blancs et douloureux du silence, celui qui sillonne les orchestres abandonnés des nuits.
Peur.
Je n'aime ni les serpents,ni les dragons chinois et leurs langues persifflantes. Ni ce qui ondule , ce qui rampe et épie.
Emmenez moi là où s'ébrouent les fanfares en plein été, que les trompettes chaudes chaloupent l'âme coincée.
Que les musiciens transpirent d'ébriété
Et un
Labyrinthe qui s'élève entre sombre et or.
Prairie culbutée par la mer.
Oui,
C'est celà
Que l'océan prenne la peine de sa colère.
Ainsi va t'il m'arracher avec ses dents d'écumes
Et m'entourer de sel , me jeter contre les falaises roses
Me fracasser les membres de la pensée
Me tournoyer ,
Je ne résisterai pas
Et deviendrai chiffon
Poupée de tissus
Qui dira au nounours dans la malle
Sous l'eau.
Ne fais pas de bruit
Ce serait bien que ça m'oublie.
Chut.
Nathalie 2 mai 2013
Je ne m'empare de rien
Je ne m'empare de rien
Je laisse ton visage
Tes mains silencieuses
Manger à ma table.
Je laisse ce qui a fait courber le ciel
Rejoindre la terre
L'humus,
Les feuilles si désolées
Qu'elles en sont mortes.
Tes mots ont tellement germé
Entre les épaules des arbres
Tellement mordu
La rouille et le gel
J'ai cru mes bras se dévisser.
Je plie
Et replie les assauts
De la pensée.
Même si ton empreinte,
Même si l'air encore lézardé
De ta voix lointaine,
Même si un pied
Encore prisonnier du feu.
Je veux voler.
Nathalie BARDOU 28 avril 2013
J'ai le souvenir enturbanné
J'ai le souvenir enturbanné.
Qui peut
D'autre que Toi ?
A l'instant de la cisaille
De la nuit
Quand le rose naissant
Semble monter les marches
Je plonge
A poumons raccourcis
Dans la brume vacillante
D'un regard.
Trois brindilles au bout de la langue,
Je nous construis des dimanches à tête levée.
Qu'importe ce qu'en dit le soleil
L'essentiel est .
Nathalie BARDOU 27 mars 2013
La majuscule du Il
Tes syllabes
Encore
Le long de la mémoire
C'était juillet
Et ses phrases dispersées
A l'ombre du figuier.
Le cri muet
Dans la maison de papier
Recroquevillée
Sous la chaleur
D'un été.
J'ai bougé les yeux
Pour mieux te voir
Près de la porte
Loin de l'absence
Robe de fer
Et chevilles griffées.
Je dors encore
Sur les draps blancs
La majuscule du Il
Plantée dans les paupières.
L'ombre d'une main
Flottant
Au dessus des saisons
Et l'eau devant.
S'y désaltèreront
Les oiseaux
Qui décorent mes jours.
Nathalie BARDOU 27 avril 2013
S'éveille l'absence
Dans un sursaut
S'éveille l'absence.
Dans un pli de ciel,
A l'abri des regards.
Pourtant tu sais,
Rien n'y est définitif.
Les saisons veillent
Sur le dernier soupir,
Celui qui habille ta fenêtre.
Nath février 2013
Perdre la mémoire du superflu
Vos bras
Ont vécu leur juste moment.
Celui du vent
Tissant l'ambre.
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Il était ce ciel
D'un dimanche
Nommé ainsi.
Celui sur lequel
La lumière s'est dégourdie les jambes.
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Trois minutes de paroles
Avec un jardinier .
Peut être sans le savoir
M'apportait-il le soleil
Dans vingt grammes de semences.
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CHAQUE JOUR S'ALLEGE
Je perds la mémoire du superflu.
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Je porte en moi
Autant de lits de rires
Que de lits de chagrins.
L'instant est net
Lorsque cogne aux fenêtres des chambres
Cette lumière enfantine
Qui engaillardit
Sans choisir
Les lits noirs
Comme les lits blancs.
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Il suffit d'une seconde d'équilibre
Pour toucher du bout de l'âme
La paupière de la source vive.
Nathalie 4 février 2013
